
L’été, l’été, l’été
C’est fait pour jouer…
Vous vous souvenez de cette chanson-comptine que Passe-Partout nous fredonnait. Pour moi, les chansonnettes de Passe-Partout ont bercé l’enfance de mes enfants, et mes jeunes années comme maman. Je pense que j’en connais la plupart des paroles par cœur d’ailleurs.
Je voulais tant que ma progéniture ait une enfance remplie de doux souvenirs, qu’ils chériraient tout au long de leur vie, tout comme moi je l’avais vécu. Je ne sais si j’ai réussi, je l’espère.
Mais j’étais bien consciente que je ne pouvais leur offrir les mêmes aventures. C’était une autre époque et le contexte à la base n’était pas le même.
Pour moi, mon enfance a été parsemé de vie de famille. Les étés, on les passait chez-nous, à s’amuser avec nos frères et sœurs et avec les amis du voisinage. Mes frères jouaient au baseball dans le champ arrière, dont mon père coupait l’herbe pour leur faire de l’espace de jeu. J’ai un peu participé mais pas tant, car je n’aimais pas trop les sports dans ma jeunesse.
Moi, j’aimais m’assoir dans les balançoires (on se balancignait disait-on), en chantant à tue-tête, les chansons à la mode de l’époque. Je sautais à la corde à danser et à l’élastique, rien de compliqué. Parfois, on jouait à la cachette ou au ballon. Ou je m’assoyais à l’ombre avec un bon livre sous la main. Et le vélo était notre meilleur moyen de transport.
Maman nous préparait à manger, des sandwiches pour le lunch la plupart du temps. On buvait du « Kool-Aid » et, suprême récompense, maman nous faisait des « popsicles » qu’on dégustait par temps chaud!
Cueillir des fraises des champs, quel délice aussi! Mais il y en avait si peu. Maman arrivait à nous créer un dessert avec, à mon souvenir avec des blancs d’oeufs montés en neige. Dans cette mixture elle incorporait nos minuscules fraises, un délice!
Bon, soyons honnête, l’envers de la médaille, comme on était en congé, on devait aider maman dans les travaux manuels, surtout le ménage, que je détestais. Mais je ne pense pas qu’elle ait exagéré dans ses demandes. Seulement, elle était tellement méticuleuse que c’était difficile de la satisfaire. Ce que j’aimais tout de fois, c’était de l’aider dans la cuisine, ma spécialité étant les desserts.
Le soir, avec maman (surtout, car papa travaillait le lendemain et se couchait avant nous), on visionnait des films sur notre télévision noir et blanc, en mangeant des rôties de beurre de peanut et/ou de confiture, agrémenté de grand verre de lait au chocolat (fait avec du Quick). On aimait particulièrement les comédies musicales à mon souvenir.
Chez-nous, on avait une chance supplémentaire, nos parents allaient camper tous les week-ends, de la St-Jean-Baptiste à la Fête du Travail. Dans les terrains de camping, il y avait toujours des terrains de jeux, de la baignade et même des salles de danse où on pouvait se retrouver en soirée pour danser au son d’un « juke-box ». Quand on n’était pas autour d’un feu tous ensemble. Et en bonus, on retrouvait des cousins-cousines pour partager le plaisir du camping.
On a dormi à six dans une tente, cordés les uns sur les autres pour se donner de la chaleur. Puis, il y a eu la tente-roulotte, pas très étanche car fait-maison (par un ami de la famille), et est venu la roulotte par la suite. Moi, adolescente, j’ai commencé à décrocher quand la tente-roulotte est arrivée. C’est dommage, par mon côté rebelle, je pense que j’ai manqué de belles aventures.
Je suis consciente d’avoir été choyé d’avoir eu des parents qui, même s’ils ne voyageaient pas, ont trouvé le moyen de remplir nos étés de jeux, de plaisirs et d’amour.
Ainsi donc, ma jeunesse est empreinte de tant de beaux moments que j’ai voulu essayer de redonner à mes enfants. Ce fut différent pour eux, comme je l’ai écrit plus haut. Les camps de vacances ont remplacés les week-ends de camping, puisque je travaillais à temps plein et ne pouvait leur offrir ma présence tous les jours. J’ai quand-même réussi à leur offrir de petits voyages, parfois juste d’un jour mais tout de même assez pour leur faire des souvenirs intéressants.
Les enfants ont fini par quitter le nid et alors, ce furent mes vacances, à moi, qui sont devenus importantes. J’ai commencé par des petits voyages en solitaire puis des amis et de la famille ont voulu m’accompagner. Encore des souvenirs impérissables que je me suis créé.
Lorsque j’ai pris ma retraite, je me suis promis des escapades à l’occasion. Ça a bien débuté mais la maladie s’est installée et les projets ont ralenti, jusqu’à ne plus être vraiment possible.
Quand on dit qu’il faut vivre le moment présent, je suis contente car je l’ai fait. J’ai vécu le moment présent à chaque période de ma vie.
Maintenant l’été est quand-même une période de l’année que j’apprécie grandement. Bien sûr, la météo occasionne parfois des désagréments, mais je trouve que ce n’est rien comparé à l’hiver qui nous handicape très souvent dans le quotidien.
C’est tellement plus simple l’été, pas de vêtements chauds à porter, pas de déneigement à faire avant de se rendre quelque part. Je continue donc à apprécier l’été pour sa simplicité à vivre.
C’est peut-être pour ça que je rêvais de passer mes hivers en Floride, comme tant d’autres québécois.
Et vous, comment se passe votre été? Avez-vous, comme moi, des souvenirs heureux des étés de votre enfance?
Je ne sais pas pourquoi mais, cette année, je trouve que l’été ressemble beaucoup aux étés d’antan. Ou peut-être que je suis plus mélancolique. Je suis allé marcher sous la pluie comme quand j’étais jeune. J’hume les odeurs de ma jeunesse. J’imagine que c’est mon cheminement pour faire la paix avec une jeunesse malheureuse.