25 avril 2024 Auteure : Thérèse Parisien

JE VIS DANS LE DÉNI. JE VIS MÊME TRÈS BIEN DANS LE DÉNI. J’EN FAIS UNE SPÉCIALITÉ. S’IL EXISTAIT UN DIPLÔME EN LA MATIÈRE, J’AURAIS UN DOCTORAT ÈS DÉNÉGATIONS.
Ça a toujours été. Je ne retiens que les couleurs pastel de la vie. J’affiche un optimisme délirant qui tape souvent sur les nerfs de ceux qui m’entourent. Je les vois agacés en levant les yeux au ciel. Je n’y peux rien, je suis comme ça. Pire encore: j’ai le sentiment d’avoir plus d’aptitudes que la moyenne des ours pour gérer l’anxiété de vieillir. Quand je leur dis ça, je les achève.
Pas que je vieillisse dans la perfection, loin de là, mais je m’efforce de le faire dans la légèreté. J’ai beau être dans la fleur de l’âge des trous de mémoire, des crisettes d’arthrose et des rides qui n’en finissent plus de se creuser, j’arrive encore à voir du beau chez moi: mes chevilles et mes mollets sont intacts. Fierté! Pour le reste, il n’y a pas lieu de se précipiter à la vente de garage!
Je me regarde vieillir de haut. La vue est plus belle. On voit moins les détails…
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