On prévoit prochainement une grève des employés de la fonction publique. Et sans dénigrer leur travail, que j’admire au plus haut point, je veux souligner que j’en effectue une grande partie par moi-même.
Avec mon rôle de proche-aidante, je suis devenue une employée de la fonction publique.
Je remplace l’infirmière, la préposée, le concierge, le conseiller financier (et j’en passe) pour mon conjoint, ceux qui devraient venir à domicile pour l’aider.
Pourtant, je ne reçois aucune rémunération. Je pense sérieusement à créer un syndicat pour les proche-aidants. Difficile d’être plus mal traité que nous.
Nous avons tous une maison qui a marqué notre vie. Pour ma part, cette maison fut celle de la rue Desautels à St-Hubert. J’y ai emménagé avec ma famille lorsque j’avais 3 ans. Cette maison était sur la rue Balmoral, mais a changé de nom pour la rue Desautels peu après notre arrivée. J’y ai vécu jusqu’à mes 19 ans.
À ma naissance, mes parents habitaient la ville de Lachine où deux des frères de mon père les avaient invités à venir y vivre, garantissant un emploi à mon père. Mon frère Serge y est né lui-aussi. Par la suite, mes parents ont encore déménagé, à St-Henri cette fois.
J’ai peu de souvenirs de ces endroits, il va de soi, j’étais si jeune. Sauf un rêve étrange, qui m’a marqué sûrement pour que je m’en souvienne. Un robot, comme ceux que l’on voyait dans mon enfance, avec une tête carrée, marchait dans le couloir du logement à St-Henri. J’ai donc en tête toutes les divisions de ce logement que je revois clairement. Ça a dû être terrifiant pour l’enfant que j’étais, mais ça m’a donné cette mémoire comme cadeau.
Mais la maison qui a marqué ma vie de jeunesse, est sans nul doute celle de la rue Desautels à St-Hubert, devenue une agglomération de la ville de Longueuil maintenant.
Mon oncle avait fait déménager cette maison, qui venait d’un autre secteur de la ville de St-Hubert, là où se trouve l’aéroport maintenant, près de la gare de St-Hubert. C’étaient une maison pour les chefs militaires à l’origine, m’a-t-on dit.
On nous a raconté que dans le grenier se tenait un tripot où on jouait à la « barbotte ».[1]
Cette maison avait donc déjà une histoire avant que nous y arrivions.
Et après, on y a ajouté notre histoire qui s’est déroulée sur plusieurs générations.
Vous avez déjà fait le grand écart? Moi, je n’ai jamais été assez souple pour y arriver, même dans ma jeunesse.
Cependant, lorsque j’ai rencontré mon conjoint, lui à 47 ans et moi à 34 ans, l’écart d’âge ne m’a pas arrêté pour poursuivre notre relation. Après tout, ça ne changeait pas grand-chose puisque l’amour n’a pas d’âge n’est-ce pas!
C’est la question qui a été posé à la dernière rencontre de proche-aidants à laquelle j’ai assisté.
Sur le moment, je ne voyais pas trop où on voulait en venir. Il faut avouer que je ne suis pas très assidue à ces rencontres, par manque de temps et un peu de motivation. Alors j’ai réalisé que plusieurs participants comprenaient mieux que moi.
Pour moi, un sauveteur vient de « life-guard », donc je voyais le gars ou la fille, assis sur cette haute chaise, surveillant les nageurs d’une piscine ou d’un cours d’eau quelconque.
Pour le sauveur, la première image qui m’est venue est celle dans laquelle mon enfance a baigné (petit jeu de mots ici), c’est-à-dire Dieu notre Sauveur! On peut penser à tous ces religieux qui ont voué leur vie à aider l’autre dans la même ligne de pensée. Et aujourd’hui, le sauveur est souvent associé à des regroupements d’aide sociale. Ou même à l’aide médicale. Mais là, je suis peut-être aussi très proche du sauveteur, tout dépend des personnes qui font ces métiers. Je crois fermement que le sauveteur est plus utile à la société.
Quand l’explication est venue, j’ai tout de suite aimé l’analogie qu’on en faisait. Et ça m’a bien fait réaliser que je prenais généralement les bonnes décisions comme proche-aidante.