
Il fut un temps où la famille prenait toute la place dans ma vie. À tel point qu’il ne restait plus beaucoup d’espace pour mes ami(e)s.
On chantonne à tue-tête que c’est le clan familial qui est le plus important dans la vie. J’y croyais fermement moi-même.
Était-ce la transmission des valeurs bien établies par mes parents? Ils m’avaient montré l’exemple avec la belle harmonie qui semblait être établi entre leurs frères et sœurs. C’était beau à voir et je croyais que c’était le chemin du bonheur.
J’y ai cru si longtemps que ça m’a même isolé un peu du reste du monde. S’il n’y avait eu mes collègues de travail que je côtoyais tous les jours, je ne sais pas si j’aurais cru à un monde parallèle.
J’étais ancrée dans cette vie familiale que mes parents m’avaient un peu imposée. Même si, en vieillissant, j’avais découvert que l’harmonie n’était pas parfaite dans leur clan familial eux-mêmes.
Étant l’aînée, j’ai dû, dès mon jeune âge, donné l’exemple, protégé mes frères et ma sœur plus jeunes. Ils ne me l’avaient pas demandé certes, c’était la règle à suivre pour être né la première dans cette famille tout à fait « fonctionnelle ». Je ne l’invente pas, si je l’oubliais, ma mère se faisait un devoir de me le rappeler. Elle m’implorait de tenir l’harmonie et de passer outre les offenses que je pouvais subir.
J’ai même imposé ces mêmes valeurs à mes enfants quand ils sont arrivés dans ma vie. Pour moi, ils étaient la continuité de cette sainte famille. Ils ne pouvaient que s’emboiter à l’intérieur, c’était la normalité. Ils ont perdu cette famille, en même temps que moi, ils ne le méritaient certainement pas.
J’ai donc longtemps fermé les yeux sur les chemins différents que ma fratrie suivait. Dans les réunions familiales, souvent organisées par moi-même, j’ai dû me rendre compte que des clans se formaient à l’intérieur. Nous nous distancions peu à peu, mais je m’accrochais.
Puis, il y eut une coupure radicale, exacerbé par cette foutue pandémie. Les chemins qui déjà s’étaient éparpillées, sont devenues encore plus éloignées. La coupure fut blessante. Cet amour profond que je portais, a eu une révélation… ce n’était pas réciproque, c’était à sens unique. Pire, on m’a fait comprendre qu’ils ne voulaient pas de moi dans leur vie.
Porté par le sentiment de responsabilité que mes parents m’avaient inculqué, je me suis accroché. Pour mieux tomber. Sans jamais perdre l’affection que je vouais à ma fratrie, j’ai juste compris que la relation était trop douloureuse.
Aujourd’hui, lorsque j’entends que la plus belle chose que la vie te donne, c’est la famille, j’ai de grand doute. À tous ceux qui y croient encore, je vous dis « bravo » et « chanceux ».
Plus on vieillit, plus on réalise qu’on est seul. Les parents partis, plus personne n’est là pour te soutenir. On accepte l’inévitable…
Les enfants sont devenus ma famille, ils vivent dans mon cœur, plus importants que quiconque au monde. Ils me le rendent bien, je suis choyée. Mais ils ont leur vie que je respecte même si je les sais à proximité s’il y a un besoin.
Et il y a les ami(e)s, qui sont devenus ma vraie famille, puisqu’on les choisit et qu’ils vivent la même chose que nous. Ils nous comprennent, nous supportent et nous aiment.
Pour le reste, je tente de me supporter moi-même et de bien vivre ma nouvelle solitude (soyons un peu ironique ici)!
L’écriture est une belle échappatoire d’ailleurs.
Et vous, comment va votre relation avec votre famille? On a tous nos hauts et nos bas, c’est certain. Mais votre famille prend-elle beaucoup de place dans votre vie? Les âmes sœurs, je sais que ça existe. Racontez-moi vos expériences là-dessus.
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