Bébé, la voix de ma mère résonnait à mes oreilles comme la plus mélodieuse des musiques lorsqu’elle me berçait pour m’endormir. Plus tard, elle a continué à me captiver. Je me souviens que lorsque je l’entendais, je croyais que c’était un ange qui chantait.
Plus tard, j’ai découvert que mon père avait une très belle voix de basse. Il a assisté avec fébrilité à mes premiers concerts comme choriste. C’est ainsi que j’ai découvert qu’il aimait tant le chant, en me voyant probablement réaliser l’un de ses rêves. J’ai compris sa fierté devant ma petite prestation.
Il me semble qu’ils fabriquent des escaliers plus durs qu’autrefois. Les marches sont plus hautes, il y en a davantage. En tout cas, il est plus difficile de monter deux marches à la fois. Aujourd’hui, je ne peux en prendre qu’une seule.
A noter aussi les petits caractères d’imprimerie qu’ils utilisent maintenant. Les journaux s’éloignent de plus en plus de moi quand je les lis: je dois loucher pour y parvenir. L’autre jour, il m’a presque fallu sortir de la cabine téléphonique pour lire les chiffres inscrits sur les fentes à sous.
Si les voyages forment la jeunesse, moi ils auront formé le chemin de mon vieillissement. Après avoir tant rêvé de voyage avec les lectures de ma jeunesse, voilà que j’ai réalisé plusieurs rêves alors que je dépassais la quarantaine!
Je rigole en écrivant le mot « quarantaine », car il a une tout autre signification par les temps qui courent, faisant oublier les souvenirs de cette belle période de notre vie. Car, à quarante ans, ce fut le temps des réalisations pour moi, ma maison, l’aboutissement à un rôle de gestionnaire dans ma carrière et bien sûr, les voyages, libérée des contraintes de la maternité et des soucis financiers.
Actuellement, tout est dans le dire ou ne pas dire. Lire ou ne pas lire, écrire ou ne pas écrire, chanter ou ne pas chanter, être docile ou être rebelle, être malade ou être en santé… il semble que les temps ne nous apportent que des contradictions, ne nous laissant que peu d’opportunités de trouver un juste équilibre.
Je réalise que mes rêves de voyage ont été assouvis et qu’il est temps de vivre les souvenirs qu’ils ont laissé, de les partager à l’occasion.
Lorsqu’on a 17 ans, on a toute la vie devant nous… Pourtant, lorsque j’eus 17 ans, j’ai perdu mon enfance en même temps!
Mon enfance s’est passée dans la douceur et la joie de vivre. Je viens d’une famille de 4 enfants, deux frères et une sœur plus jeunes, des parents qui représentaient bien leur époque, une maman qui restait à la maison pour s’occuper de la marmaille et de la maison… Mon père, bon travailleur de la construction, partant très tôt chaque matin, avec sa boîte à lunch de métal.
Lorsque j’eus environ 3 ans, mes parents ont emménagés au 2e étage d’un duplex récemment rénové par mon oncle. Ce même oncle qui offrait en même temps qu’un logis, un métier à mon père.
Et comble de bonheur, ce sont mon oncle et ma tante qui habitaient le rez-de-chaussée.
C’est à cet âge, que ma cousine Gislaine a commencé à prendre beaucoup de place dans ma vie. Nous étions inséparables. Nous avions le même âge, elle était née en juin et moi en mai. Mais c’était elle qui me menait par le bout du nez, j’étais son acolyte, son bras droit et je buvais toutes ses paroles et tous ses gestes. Je l’adorais.
Pour s’assurer que le monde survive, la nature a permis que chaque famille puisse se multiplier, avec la naissance de plusieurs enfants.
Ainsi arrive la fratrie, dans un contexte d’amour et d’immortalité. La variabilité de cette formule est, certes, un enjeu de notre société actuelle. Mais le fond demeure le même, on veut se reproduire et ainsi survivrons-nous.
Cette fratrie est-elle vraiment un avantage dans la vie d’un individu? Je suis loin d’en être convaincue maintenant.
Ayant pris ma retraite du domaine financier, il y a 10 ans maintenant. J’ai pu explorer le monde des retraités (ou pas) et constater souvent les lacunes des systèmes en place pour les aînés que nous sommes.
Avec ce blogue, j’espère apporter un éclairage nouveau en vous partageant mes réflexions mais aussi le fruit de mes recherches et de mes démarches dans ce milieu.
Que ce soit au niveau de la santé, des finances, des résidences, les sujets ne manqueront pas.
Je serai heureuse d’avoir aussi vos commentaires qui seront ainsi partager au plus grand nombre d’aînés et de ceux qui les entourent.
Le titre de mon blogue était le titre d’un article de Stéphane Laporte . Un excellent article qui mettait la table pour mon blogue. Je pense qu’il ne m’en voudra pas de lui avoir emprunté ce titre.
Alors bonne lecture à tous… et n’hésitez pas à partager ce blogue autour de vous.