
De toute ma vie, j’ai aimé les chaises berçantes. Il y en a toujours eu près de moi, du plus loin que je me souvienne.
Maman aimait nous bercer lorsque nous étions bébés. Avec le premier ensemble de cuisine qu’ils se sont achetés, jeunes mariés, une chaise berçante y était incluse.
Dans mon enfance, je me souviens d’elle, dans la cuisine et j’aimais vraiment m’y installer.
Quel est ce besoin précis d’aimer autant me bercer? Je ne sais pas. Est-ce en rapport avec mon enfance? Est-ce l’équilibre dans ma vie que je recherche?
Même maintenant, j’ai des chaises berçantes chez-moi. Deux fauteuils dans mon salon sont berçants, et pour le balcon j’ai aussi installé deux autres berçantes.
Je ne peux m’en passer, je vous l’ai dit. Pire, quand je m’y assois, c’est certain que je me berce sans arrêt, au grand dam des gens qui m’entourent que je dois étourdir.
Alors quelle ne fut pas ma surprise de joie lorsque je suis arrivée au Monastère des Augustines où j’allais vivre une sorte de retraite avec 9 autres participantes. On avait installé en rond, dans une belle salle (Noviciat 2) 12 chaises berçantes (2 pour les animatrices). Chacune des chaises arborait un doudou et un coussin de siège confortable. J’étais émerveillée.
Les planchers craquaient un peu, cet établissement a un âge vénérable il va sans dire. Mais je retrouvais le plaisir de me bercer dans une atmosphère où la sérénité était à l’honneur.
Comment ne pas retrouver la personne en moi qui recherche tant l’équilibre dans sa vie!
Je ne suis pas une habituée des grandes envolées d’émotion. Mais tout autour de moi, elle était à fleur de peau pour la majorité des participantes. Je ne pouvais que la ressentir et la partager.
J’ai donc vécu deux jours de plénitude, de calme et d’introspection. Je n’étais pas dans la douleur, même si ce partage d’émotions faisait remonter en moi tant de tristesse.
On dit que la vie n’est pas un « long fleuve tranquille », je peux le confirmer. Autour de moi, toutes apportaient leur sac à dos de soucis et d’espoir brisé.
Je suis revenue sereine, plus affirmée dans mes décisions déjà prises. Et avec l’amertume de lendemains sans contrôle. J’ai rencontré des participantes et des animatrices dévouées à la cause humaine, ce qui redonne l’espoir dans le futur.
Je vous souhaite à tous de vivre une telle expérience, dans le plus beau des décors… et bien ancrés dans votre chaise berçante!
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