Pour mieux se comprendre, créons notre communauté!

Nos vieux pianos!

« Ce sont vos pianos tout usés qui se sont tus paralysés

Et qui ne sont plus qu’objets d′antiquités

Qui autrefois faisaient la joie des salons

Et ils étaient les grands rois de la chanson »

Ces paroles de la chanson de Claude Léveillée me viennent souvent à l’esprit. Je les fredonne comme un doux souvenir.

Le piano a toujours fait parti de ma vie depuis ma plus tendre enfance.

Il fut vraiment le roi incontesté des soirées de musique dans ma famille. Je l’ai toujours vu trôner où que j’aille.

Car, autrefois, toutes les familles se faisaient un devoir d’en avoir un chez-soi. C’était un incontournable dans la vie de société.

Avec un peu de chances, on accédait à un cours de piano, donné par les religieuses du couvent adjacent à l’église ou par l’organiste en chef de cette même église.

Parfois, c’était simplement une bonne dame de la paroisse qui l’avait appris autrefois et voulait passer à d’autres cette passion de jouer du piano.

Le piano était la base de toute musique. Qu’on soit violoniste, accordéoniste ou chanteur, le piano savait nous accompagner et l’apprentissage de cet instrument imposant était l’harmonie incontesté à notre autre instrument.

Dans toutes les soirées dansantes, on se retrouvait autour pour chanter, jouer et même faire danser!

Quels beaux souvenirs, le piano a laissé dans ma vie.

Aujourd’hui, il est tellement plus simple de mettre un morceau de musique à partir d’un appareil électronique, aussi simple qu’un téléphone mobile, qu’on raccorde à un haut-parleur.

Mais soyons honnête, la sonorité du piano, alliée à sa prestance, manque à nos soirées, qui ne sont plus très dansantes non plus d’ailleurs.

Je n’ai pas eu la chance d’apprendre à en jouer. Enfin, mes parents ont bien fait une tentative avec un professeur qui s’est déplacé à domicile, mais après deux mois, il aurait fallu que je continue mes cours avec lui à… Montréal. J’avais environ 10 ans, impensable que mes parents me laissent aller seule pour m’y rendre.

Alors, je n’aurai eu que ces deux mois d’été, qui m’ont laissé une bien piètre base pour en comprendre les rudiments.

Mon admiration pour les vrais pianistes n’a donc que décuplé. Et toute ma vie, j’ai regardé mais surtout écouté, avec envie tous ces musiciens qui savaient en jouer. Dont ma cousine et meilleure amie d’enfance, qui savait relever le défi à chaque soirée où elle accompagnait son père, excellent guitariste.

J’ai même encouragé mes enfants à en jouer. L’enthousiasme ne fut pas autant au rendez-vous. C’est normal, c’était mon rêve pas le leur. Mais je les ai vus jouer ensemble un morceau qui ravissait mon cœur de maman.

Mon fils a tout de même démontré un certain intérêt et c’est pour ça qu’il a hérité du piano familial, celui que mes parents m’avaient offerts en héritage, après m’avoir fait promettre qu’il resterait toujours dans la famille. Il en joue parfois, j’en suis tellement heureuse. Il a même créé un morceau pour sa fille aînée, peu après sa naissance. Tellement mélodieux à mes oreilles, il a réussi à faire chanter son piano pour sa fille.

Je ne sais ce qu’il adviendra de ce piano. Mes petites-filles ne semblent pas démontrer d’intérêt. Je le comprends, notre monde a changé.

Mais ce meuble, restauré à grand frais à deux reprises, d’abord par mes parents puis plus récemment par mon fils, a perdu de sa prestance malgré tout. Partout, on voit des gens qui le donne.

Y aura-t-il bientôt un cimetière de pianos, ça m’inquiète!

Un petit rebond d’intérêt semble se confirmer. Des artistes essaient de le remettre en valeur. On lui offre des tribunes, en plein air par exemple. Mais aussi, des artistes conçoivent des albums de musique, avec uniquement du piano. Quelle belle couleur pour nos oreilles!

Mon vieux piano qui s’est promené de maison en maison, retrouvera-t-il le chemin de l’amour?

1 commentaire

  1. Yannick BERNARD

    Bonjour Monsieur Roméo Bouchard,
    J’avais lu, il y a quelque temps un texte « En paix avec mes 85 ans faits ». Un texte magnifique qui disait tout ce que je ressentais à l’approche de mes 80 ans. J’étais persuadée qu’il s’agissait d’un texte de femme. Et puis je suis tombée sur votre blog. Cela m’a fait sourire… Les jeunes ont raison, notre genre ne nous définit pas. Heureusement. Comme j’aurais aimé trouvé les mots pour écrire ce texte. Mais l’important est qu’il existe, et je vous demande la permission de l’envoyer à ma famille et à mes ami.e.s le jour de mes 80 ans. A vous lire encore longtemps.
    Confraternellement.
    Yannick (au féminin) BERNARD

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

© 2026 Vive les vieux !

Thème par Anders NorenHaut ↑