Est-ce que, comme moi, vous en avez assez d’entendre qu’il faut se dépasser pour être heureux dans la vie?

N’est-ce pas une grosse pression pour une société qui vit tant de problèmes d’anxiété par les temps qui courent?

Pour ma part, il y a longtemps que j’ai décidé de ne pas adhérer à ce mode de vie. Tant mieux si certains y trouvent leur compte, mais pour la majorité des gens, vivre leur vie au quotidien est déjà un défi en soi.

Parler de dépassement me semble toujours une idée rocambolesque. C’est appeler à des sentiments de culpabilité pour les gens qui n’y arrivent pas.

Chaque jour suffit sa peine, disait-on autrefois. Je n’irais pas jusqu’à dire que chaque journée apporte son lot d’épreuves, il y a des hauts et des bas pour tous (idéalement plus de hauts que de bas). Certains ont le bonheur plus facile que d’autres et il fait bon les côtoyer.

Je suis heureuse et satisfaite de ma vie. J’ai eu à me dépasser à quelques reprises mais cela ne m’apportait pas le bonheur dont on vante les mérites. J’étais satisfaite d’y être arrivé sans plus. Car, la plupart du temps, ces dépassements m’étaient imposer par des obligations de la vie. J’appliquais le principe de « Si tu n’as pas ce que tu aimes, aimes ce que tu as ».

Ainsi, m’étant retrouvé mère monoparentale à un certain moment de ma vie, j’ai dû me retrousser les manches pour faire avancer une carrière que je n’aurais pourtant pas choisi selon mes affinités mais qui me permettrait de faire vivre ma petite famille. J’ai dû travailler fort pour poursuivre ce cheminement dans un monde où la compétition était féroce. J’y suis arrivée mais sans jamais y trouver une satisfaction complète. Donc, ici encore, le dépassement n’était pas une grande victoire personnelle.

Je pense qu’il en va ainsi pour la grande majorité des gens. On fait ce qu’on peut!

Pour tous ces jeunes qui commencent leur cheminement personnel et professionnel, il est aberrant qu’on les sermonne avec ce propos, hors de propos justement.

La retraite a finalement sonné dans ma vie, pour moi c’était une libération. Fini les défis… et pourtant, il y en eut encore, bien malgré moi.

Le nouveau défi, c’est de subir notre système de santé alors que, justement, la santé se détériore. Et vous le savez, c’est tout un défi. Un autre défi dont on se passerait bien.

Vous me direz, quand on parle de dépassement de soi, ce n’est pas en ce sens-là qu’on le propose. Ah oui, c’est quoi alors ce dépassement de soi, sauter en bungee, faire du parachute, courir un marathon… vraiment c’est amusant ça? Avoir peur et le cœur en bouillie, est-ce vraiment nécessaire pour être heureux? La seule joie que j’y vois, c’est lorsqu’on revient à notre vie normale… le après quoi! Est-ce qu’on a vraiment besoin de ça pour savoir qu’on est mieux dans notre vie quotidienne?

Il y a les gens qui aiment ces défis, qui en mangent tous les jours, comme si leur vie quotidienne était trop ennuyante ou sans saveur. Je le respecte et même je l’admire un peu. Mais cessons de croire que ce précepte s’adapte à tous les individus.

Je n’ai eu d’aspirations dans ma vie autre que de m’en sortir, de donner le meilleur de moi-même (mais pas plus sauf quand j’y étais obligée) et de respecter et aimer mon prochain.

Et vous, recherchez-vous les défis?